

Il s’agit d’une étude sur l’approvisionnement en eau potable de la ville de Touba d’ici 2030. Les études qui ont duré deux ans, ont permis de déceler les besoins en eau de la Ville et les infrastructures permettant d’atteindre cet objectif. Elles ont été réalisées par le groupe SETICO/CONCEPT sur financement de la Banque Islamique de Développement (BID) et supervisées par la Direction de l’Hydraulique.
Fournir une eau de qualité et en quantité suffisante d’ici 2030 pour la Ville Sainte de Touba, tels sont les principaux objectifs que s’est fixé le plan directeur de l’hydraulique de la ville. La séance de restitution aux autorités religieuses et administratives a eu lieu à Touba le vendredi 16 décembre 2005, au Complexe Culturel de Hizbut-Tarqiyyah.

Du côté du ministère l’agriculture et de l’hydraulique, on a noté la présence :
Du Directeur de l’hydraulique, Mr Diène Faye
Du Directeur de l’exploitation et de la maintenance
Des chefs de service régionaux de Diourbel et de Thiès
Le bureau de l’hydraulique de Touba
Des représentants de la Sonees et de la SDE
De Mr Lamine Diouf représentant la Banque Islamique de développement.
Le Khalif Général des Mourides était représenté à la séance par :
Serigne Matar Diakhaté, Président de la communauté rurale de Touba
Mamadou Guèye, conseiller en hydraulique
Ablaye Dramé, architecte urbaniste
Modou Fall, vice président de la communauté rurale de Touba
Serigne Galass Mbacké ibn Serigne El Hadji Bara Falilou, conseiller rural
Serigne Modou Fall chef de village de Jannatul Mahwa
Serigne Atou Diagne Responsable Moral de Hizbut-Tarqiyyah.
Selon Mr Idman Eddin Nouri de CONCEPT SA (un bureau d’étude Tunisien) qui était chargé de l’exposé, l’étude a été exécutée en deux phases.
La première phase exécutée en trois missions avait pour objectifs :
1) De faire d’abord une enquête démographique et socio-économique sur un échantillon de 2000 concessions, permettant ainsi une meilleure connaissance des conditions d’utilisation de l’eau potable, en période de Magal et hors Magal.
2) De déterminer ensuite les fiches techniques des conduites, des forages et des vannes, à l’aide de 300 sondages afin de définir un système d’information géographique (SIG) pour tout le réseau.
3) D’établir un plan directeur de l’AEP de la Ville de Touba d’ici 2030, avec des possibilités d’amélioration de l’eau potable, une mise à niveau du réseau, et de définir une tranche prioritaire entre 2005 et 2011.
La deuxième étape, exécutée en une quatrième mission, a permis d’étudier, après avoir simulé les impacts sur tout le réseau, un plan détaillé des coûts de la tranche prioritaire avec la constitution des dossiers d’appel d’offre pour les entreprises.
Ainsi, le plan directeur se résume en trois périodes :
1) 2006-2015 : c’est la période de la mise à niveau du réseau avec le remplacement de 60 km de conduites vétustes, la construction de 6 châteaux d’eau de 1000 m3 pour les forages qui n’en disposent pas, la sectorisation du réseau par 42 nouvelles vannes, le renforcement et le maillage des réseaux, ainsi que la réhabilitation et la modernisation des forages par des systèmes de régulation automatique.
2) 2016-2025 : c’est la période de la réalisation du champs de captage de Touba- Bogo pour les besoins additionnels en eau.
3) 2026-2030 : les ressources additionnelles seront dérivés à partir des conduites du lac de Guier en partance pour Dakar à la hauteur de Kébémer.
Selon toujours le présentateur, Mr Nouri, le grand problème de leur étude réside dans la gestion de l’eau. Ainsi, la principale conclusion est de confier la gestion de l’eau à la SDE, qui, pour son tarif social, est très proche des frais de dépenses liés à l’eau potable des concessions révélée par l’étude.
Du côté de la communauté rurale et des autres représentants du Khalif Général des Mourides, il ne serait pas possible d’accepter séance tenante, les conclusions de l’étude dont la solution finale est dirigée vers une seule direction. Un vrai problème de communication avec les bénéficiaires à la base semble être décelé, lié pour l’essentiel à la non restitution des travaux par étapes et la non transmission des documents aux concernés et à temps ; ce qui n’était même pas prévue dans les termes de référence.
Néanmoins, beaucoup de remarques, suggestions et même de contre-propositions ont été levées par les participants pour mieux adapter l’étude à la réalité de la ville de Touba et à la dimension du Cheikh dans la sphère islamique :
l’expression des besoins du Khalif, en tant que partie,
la priorité à donner aux eaux de surface pour couvrir les besoins en eau de façon définitive avec branchement direct sur le lac de Guier, vu le statut de ville pèlerinage de Touba (plus de 2 000 000 de personnes y séjournent chaque année au même moment),
l’absence de la prise en charge du volet traitement des eaux et le suivi de la qualité,
la divergence sur certains chiffres liée à la potabilité de l’eau,
sont autant de questions que l’assistance a formulé. Et ces questions, pour la plupart, ne sont pas pris en compte par les termes de références pour un plan directeur d’une ville, dont l’accroissement est le plus élevé du pays (1.5 des 2.8 du taux d’accroissement du Sénégal).
Sur le plan de la gestion des eaux, d’autres alternatives sont à proposer par l’étude pour avoir un large éventail de solutions. Rappelons que le développement fulgurant de Touba et du Mouridisme, n’est rien d’autre que le résultat de l’effort participatif des disciples et leur dévouement sans faille à Khadimou Rassoul depuis Serigne Mouhammadou Moustapha Mbacké jusqu’à l’actuel Khalif, Cheikh Saliou Mbacké.
En définitive, selon le Directeur de l’hydraulique, une deuxième séance sera programmée après avoir transmis les documents et les correctifs nécessaires apportés, pour finaliser le plan directeur de l’AEP de la ville, en vue d’établir les requêtes de financement pour le démarrage des travaux de la première tranche prioritaire.
La Rédaction



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