

Serigne Abdou Khadr est venu au monde une nuit de vendredi, 3ème jour de Muharram 1333 de l’hégire, soit en 1914 à Darul Âlimul Khabir, à Ndame. Depuis son son rappel à DIEU, l’anniversaire de sa naissance est célébré. Cette année, rendez-vous est pris le 19 décembre 2009 pour la commémoration. Votre fidèle serviteur, www.htcom.sn revisite avec vous la vie et l’œuvre de celui qui est nommé Al muftil Qudàti c’est à dire le maître chargé de la formation des Cadi
Éducation et Formation
Sa lignée maternelle, les BOUSSOBES, le rattache à une ascendance chérifienne. La tradition familiale est l’érudition coranique poussée à ses limites et la maîtrise parfaite des Sciences religieuses jusque dans leurs arcanes les plus ésotériques. Ce n’est pas par hasard si c’est la famille BOUSSOBE qui fournit en général les officiants aux fonctions d’Imam dans la Ville Sainte de Touba.
Cheikh Ahmadou Bamba l’initia lui même à l’apprentissage du Coran et le confia par la suite à Serigne Ndame Abdourahmane LÔ, sous la férule de qui , il a maîtrisé très tôt le livre sacré. Il fut ensuite envoyé à Guédé chez son oncle Serigne Mbacké Bousso en 1926, dans le but d’étudier les Sciences Religieuses ; il les complètera auprès de Serigne Modou DEME, un érudit incomparable qu’on désignait d’ailleurs par le surnom révélateur de "Alimu Sùdaan. " ( le savant du pays des noirs)
Le produit qui est issu d’une telle formation est parfait à tout point de vue. Cheikh Abdou Khadr a développé une élévation spirituelle et morale tellement élevées que tout naturellement il est devenu ce pôle auquel se réfèrent tous ses contemporains. Par exemple, il n’était certes pas le plus âgé de la famille du Cheikh, mais il avait un charisme tel que tous ses frères reconnaissaient et acceptaient implicitement son autorité morale.
Ils admiraient sa droiture, son désintérêt pour les choses de ce monde, son peu d’attachement aux biens terrestres. D’ailleurs, il est connu que toute sa vie durant, il n’a manqué la prière du vendredi à la Grande Mosquée de Touba que pendant son séjour en terre saoudienne pour les besoins du pèlerinage en 1978.
Autre exemple, la reconnaissance de facto de son autorité morale par toute la communauté musulmane du pays (même les non mourides) qui a enduré avec douleur la disparition de l’IMAN DES IMAMS quand il nous a quittés ce jour fatidique du dimanche 13 mai 1990.
Portrait physique et moral de Cheikh Abdou Khadr
Sa vertueuse mère Sokhna Aminata BOUSSO est la fille de Serigne MBOUSSOBE, un frère de Sokhna Diarra, la vertueuse mère de Cheikh Ahmadou Bamba. Ainsi Serigne Abdou Khadr aurait été le neveu du Cheikh, s’il n’avait été son fils. De cette naissance, il a hérité d’une piété si profonde que nul n’est surpris que, tout naturellement, il ait exercé, toute sa vie durant les fonctions d’Imam. D’ailleurs, depuis 1968, date de la disparition de Serigne Fallou deuxième Khalife du mouridisme, c’est lui qui a régulièrement officié à la Grande Mosquée de Touba.
Tout porte à croire qu’il ressemblait à Serigne Touba à tout point de vue comme l’atteste les hagiographes du Cheikh.
Sur le plan physique
Les grands disciples qui ont eu le bonheur d’être des contemporains de Serigne Touba n’ont jamais fait mystère de leur sentiment qu’en Serigne Abdou Khadre, c’est bien Cheikhoul Khadim qui était revenu parmi les siens. En effet, soulignent-ils, ils avaient la même silhouette frêle et menue d’apparence, la même vêture sobre mais adaptée à l’ascèse, la même démarche rapide, surtout si la destination est un lieu de dévotion.
Leurs traits étaient également empreints de la même sérénité et reflétaient le même bienveillant amour pour leur prochain mais aussi leur farouche détermination à repousser toute forme de compromis dans le service de Dieu et de son Elu (Paix et Salut sur Lui). La même douce lumière divine illuminait leurs yeux pleins de compassion pour le genre humain.
Sur le plan du respect scrupuleux de la Sunna
Les observateurs attestent qu’il marchait scrupuleusement sur les traces de son vénéré père. En effet, Serigne Abdoul Khadr avait une connaissance si extraordinairement approfondie des Hadiths et de l’histoire de l’Islam en général, qu’en la matière, il était devenu une référence.
Il affectionnait particulièrement, entretenir son entourage de la vie et des faits du Prophète (Paix et Salut sur Lui.) et de ses Glorieux Compagnons. Il en parlait avec une précision si étonnante, un soin du détail si poussé qu’on avait l’impression qu’il les avait connus physiquement. Les couleurs habituelles de leurs vêtements, la carnation de leur peau, la texture de leurs chevelures, les détails particuliers de leurs personnalités, leurs traits de caractère distinctifs, tout, jusqu’aux faits d’armes dont les uns et les autres sont crédités, leur niveau d’érudition et les capacités de chacun, tout était passé en revue avec minutie, comme s’il parlait d’amis qu’il pratique au quotidien.
Évidemment la sunna n’avait pas de secret pour lui. Et, comme son père, il mettait un soin particulier à se conformer à ce modèle parfait. Tous ses faits et gestes, comme ses paroles, étaient calqués sur ceux du Meilleur des hommes (Paix et Salut sur Lui.) Comme pour son père, on notait chez lui un regain de dynamisme frisant même l’euphorie à l’approche de l’heure de la prière.
On le voyait alors s’apprêter avec la plus soigneuse minutie. Le Cheikh, Serigne Abdoul Khadr considérait la prière comme une comparution devant LE MAITRE DU TRONE. Il fallait donc pour cet instant solennel observer un soin corporel et vestimentaire très minutieux. On pouvait alors voir Serigne Abdoul Khadr, parfumé des senteurs les plus suaves, se rendre au lieu de culte d’un pas alerte, plein d’entrain.
Une importance capitale accordée à la famille du Cheikh
Serigne Abdoul Khadr accordait une importance à tout ce qui touche la famille de Cheikhoul Khadim. A la vérité, c’est qu’il vouait à son père et Maître spirituel une considération sans commune mesure. Le prolongement naturel de cet amour que tout le monde lui connaissait et qui le conduisait très souvent à effectuer d’émouvantes ziarra sur les mausolées des membres de la famille du Cheikh comme sur ceux de ses grands disciples.
Ainsi il se rendait souvent au village de Nawel à la tombe de Sokhna Asta Walo, la mère de Sokhna Diarra BOUSSO, sa vénérable grand-mère dont il visitait fréquemment le mausolée à Porokhane. Il faisait de fréquentes visites de recueillement, à Sagatta Djolof sur le sépulcre de Mame Mâram, un ancêtre du Cheikh, comme à Dekhelé où repose Serigne Mor Anta Sally, son grand-père paternel. Les mausolées de Serigne Mboussobé son grand-père maternel et de son oncle Mame Mor Diarra à Mboussobé recevaient aussi ses visites assidues, de même que celui de Mame Bara Sadio, un grand-oncle du Cheikh, à Bofel.
Il rendait de fréquentes visites à Serigne Thierno Ibra Faty à Darul Muhty et, bien après la disparition du Saint Homme, il a continué à entretenir d’excellents rapports avec sa famille.
Serigne Abdou Khadr, homme de grande générosité
Serigne Abdoul Khadr avait un sens très aigu de la famille. A la vérité, c’est le genre humain qu’il chérissait. Nous n’en voulons pour preuve que cette propension irrépressible qui le poussait à toujours chercher à répandre le bonheur autour de lui.
Des témoignages divers mais concordants rapportent la joie presque palpable qui saisit Cheikh Abdoul Khadr, chaque fois qu’il avait l’occasion de rendre service. Cela était tellement vrai qu’il lui est arrivé à plusieurs reprises de donner une récompense consistante à une personne qui portait à sa connaissance le cas d’un individu dont la situation nécessitait secours.
Il était tellement heureux d’avoir ainsi l’occasion de soulager les maux d’un frère musulman que, pour lui, celui qui avait attiré son attention sur ce cas méritait une récompense.
Ainsi, il n’a jamais éconduit un solliciteur. D’ailleurs c’est lui qui incitait les nécessiteux à recourir à lui. Cheikh Abdou Khadr était très prodigue de ses prières envers tous ceux qui le sollicitaient à cet effet, surtout les malades qu’il guérissait de façon quasi miraculeuse si, tout bonnement, il ne " mettait pas la main à la poche " pour régler leurs frais médicaux et les ordonnances.
Aussi souvent qu’il le pouvait, il procédait lui-même à la prière sur les morts. Cela était interprété très positivement par des populations qui y voyaient des preuves, s’il en était encore besoin, de sa profonde humanité, de son étroite implication dans toute forme d’action dont la finalité est le soulagement, le bonheur des populations.
Ami de tout le monde, il avait une popularité telle que tous les habitants de Touba, à commencer par ses frères, le considéraient comme leur guide religieux. Serigne Abdoul Khadr Mbacké était un ‘’Hakim’’ qui conciliait la sharia et la haqiqa, d’autres diront que c’était la sharia en personne qui marchait sur terre. Ses contemporains l’appelait encore Al muftil Qudàti c’est à dire le maître chargé de la formation des Cadi (juges).
Les enseignements de Cheikh Abdou Khadr
Serigne Abdoul Khadr, sur les traces de son illustre père, nous a enseigné ce que sont en réalité l’Islam et son corollaire, le culte exclusif à Allah. Sa vie n’a été que la défense et l’illustration de ce credo.
A l’image de son Père et Maître, toutes ses démarches et toutes ses entreprises ont toujours été parées du label "al istiqâma". Voilà fondamentalement ce que Serigne Abdou Khadr nous a appris et que nous devons retenir : la droiture, cette droiture doublée du sens de la mesure et qui est la marque distinctive des élus de Dieu.
Autant le Cheikh disait à qui veut l’entendre que ses ennemis peuvent tout dire de lui sauf qu’ils l’ont vu ou entendu, un jour, faire ou dire quelque chose que Dieu réprouve, autant Serigne Abdou Khadr mettait un point d’honneur à être ce pôle vers lequel convergent tous les cœurs qui cherchent un modèle de droiture susceptible de les conduire sur la voie dénommée "çirâtal mustaqîma. "
La rédaction de HTCOM



2014 © HTCOM. | Design by SINAPPS