Entretien avec Serigne Atou Diagne Responsable Moral de la Daara Hizbut-Tarqiyyah

AU NOM DE DIEU, LE CLEMENT, LE MISERICORDIEUX

Je vous remercie et remercie toute l’équipe de HTCOM de cet interview qui me permet à travers le médium que vous êtes d’apporter un peu de lumière dans la mission que j’ai effectuée en France pour le compte du Khalif.

D’abord je commence mon propos par rendre grâce à DIEU en remerciant le Khalif CHEIKH SALIOU MBACKE de tout mon cœur, car il m’a offert l’occasion et l’opportunité d’agir à son nom et pour son compte dans ce que tout de même je considère comme hautement historique : l’acquisition d’un Immeuble "KEUR SERIGNE TOUBA" aux portes de Paris, à Taverny dans le 95150.

J’ai quitté Dakar le Jeudi 03 Janvier 2002 et suis arrivé à Roissy Charles De Gaules le 04 à 07 heures 10 mn, c’est à dire avec un retard d’une bonne soixantaine de minutes.

De l’aéroport, je me suis dirigé vers la propriété pour une visite d’inspection et cela, dans la logique d’un mandataire, constater de visu l’immeuble pour confirmer l’acceptation où prendre une position contraire, car le désistement est un principe très connu dans une transaction, surtout quand elle n’est qu’en phase de promesse de vente.

Etat des lieux

En Visitant les lieux, nous sommes tombés de prime abord sur une surface bâtie qui, à elle seule fait plus de 1000 mètres carrés, laissant derrière elle une arrière cour faisant le double, voire le triple de l’immeuble ; et là j’avoue qu’une surprise très agréable nous a aussitôt envahie, celui qui m’accompagnait et moi-même.

Très spécialisé en rapport qualité/prix, mon compagnon ne tarda pas à me rassurer que nous sommes devant quelque chose qui correspond largement à nos attentes.

A la suite de cette visite des lieux (terrain et immeuble), notre avis était très favorable ; et c’est ce qu’on attendait tous ensemble, nos intermédiaires du Conseil Islamique AL SAKINA et nous.

Les procédures et formalités

Ayant entamé le dossier depuis le Sénégal en grande partie, un rendez-vous a été donc donné au notaire le même jour à 10 heures 30 mn pour la finalisation.

C’est ainsi donc que nous sommes arrivés chez le notaire où Monsieur Seydou Kaloga Consul Général du Sénégal en France nous attendait. C’est le moment d’ailleurs de remercier Monsieur le Pdt Abdoulaye Wade qui, au nom du Khalif, m’a facilité la mission en me recommandant avec le Consul qui est lui aussi notaire de profession.

Les dernières consultations se sont faites entre les différentes parties concernées : le propriétaire Mr Desenfants, le Consul, le Notaire, le Conseil Islamique de France et son recteur, Monsieur Mamadou NSANGOU et sa délégation, le représentant de l’acquéreur et sa suite.

Les travaux ont duré six heures de temps à l’issue desquelles nous avons signé et reçu nos clefs, car c’était une simple finalisation, l’essentiel avait été entamé pour plusieurs raisons, notamment :

1° ) Les contraintes de délai liées à la promesse de vente ;

2°) Economiser au maximum du temps dans les procédures de formalités.

DIEU merci, nous saluons au passage la compétence du notaire, assisté de notre côté par l’expérience et l’assistance conseil du consul pour qui nous sommes redevables de sa grande sollicitude.

L’acte de propriété est suivi au bureau des hypothèques à St Lieu-LaForêt conformément au délai réglementaire entre la publication et la remise du titre de propriété.
Evidemment après signature, l’occupation n’aura pas tardé car c’est une convention sous seings privée à Taverny au mois de novembre 2001 qui avait confèré à Al Sakina une disposition d’occupation précaire.

Seulement, du côté des obligations du vendeur, notamment les chapitres vices cachées, amiante, saturnisme et termites, nous avons fait une contre expertise sur le terrain et les dossiers ; et du côté de nos obligations d’acquéreurs, nous nous sommes attelés automatiquement aux impôts et charges, ainsi qu’à l’abonnement aux différents services : eau, gaz, électricité, etc.
Ce qui est une nécessité, car nous sommes venus en France en plein hiver et c’est une évidence que de tels services sont nécessaires pour jouissance et occupation paisibles.


Rappel sur les mobiles de l’acqusition

C’est le moment de célébrer la Grandeur de DIEU qui a guidé les pas des musulmans africains de Taverny vers un bienfaiteur, je dis bien guidé les pas de personnes sincères qui ne se sont jamais lassés dans l’attente du secours de DIEU.

Une ambition d’acquérir ou de prospecter une propriété ou d’un immeuble quelconque hors de nos frontières n’a jamais guidé l’attention de Serigne Saliou Mbacké ; ceci n’a pas été pour lui un objectif ou une priorité, mais comme on dit : c’est dans l’itinéraire agréé de sa quête permanente de DIEU que cette opportunité s’est présentée et lui valut au passage ce patrimoine (ce bien immeuble) au bénéfice de Serigne Touba Cheikh Ahmadou Bamba.

Le Seigneur dans Sa Toute Puissance et sa Miséricorde a guidé les pas des musulmans de Taverny d’origines diverses dans la recherche d’un bâtiment servant de Mosquée et d’école Coranique, une longue et véritable épreuve, une errance dans des horizons lointains jusqu’à la dernière énergie du désespoir, avant que l’issue heureuse ne provienne d’Afrique, à TOUBA, au Sénégal où Mr Nsangou et Diakité ont débarqué avec un guide sénégalais du nom de Pape Dieng et n’ayant comme provision que la seule confiance en DIEU.

Plutôt que de trouver un financement en Afrique, c’est en général dans les autres pays musulmans des continents les plus riches qu’on a l’habitude d’obtenir les bonnes grâces d’un bienfaiteur.

Quelque répandue qu’elle soit, cette opinion n’a pas obnubilé Mr Nsangou et Diakité, ils ont découvert avec sérénité l’Afrique des profondeurs et parmi ses trésors, ils ont découvert le Mouridisme, c’est pourquoi ils ont solidement adhéré à cette voie avec une rare clairvoyance.

Le SEIGNEUR a certes répondu à l’appel des croyants et, ensemble avec eux et tous les musulmans, nous rendons grâce à DIEU, attestons sa Toute-Puissance, Lui qui a encore une fois sauvé l’espoir des musulmans.

Sur l’acquéreur

L’acquéreur, en l’occurrence Cheikh Saliou Mbacké est le 5ème Khalif du Mouridisme au Sénégal fondé par Cheikh Ahmadou Bamba (1855 - 1927).

c’est en 1990 que le vénéré, son éminence Cheikh Saliou Mbacké (14 Octobre 1914), à 76 ans, entra dans la scène, et les destinées de notre communauté échurent entre ses mains.

Fils, mais surtout disciple de Cheikh Ahmadou Bamba, il est le recteur de l’univers intellectuel des érudits de l’Islam au Sénégal. Pontife de l’Islam, il est le plus grand producteur agricole du Sénégal : 45 000 ha à Khelcom, sans compter les multitudes d’autres périmètres qu’il développe dans la conquête des zones pionnières, lui et ses lieutenants appelés " Cheikhs ".

Il est celui devant l’ombre de qui grandissent les pupilles, les enfants et les adolescents avec un capital de science, d’expérience et de bénédiction. Il accueille des enfants pour l’enseignement du Coran, l’éducation et l’initiation au travail. Les enfants du pays le préfèrent à leurs parents. A ses côtés, l’enfant n’est jamais nu, n’a jamais faim, n’est jamais battu, avec lui l’orphelin n’est plus privé de l’affection des parents ou soumis à la déshérence. Il donne tous les biens de ce monde aux enfants.


Le Cheikh Saliou Mbacké a révélé la Lumière de DIEU par son geste qui, à plus d’un titre est une leçon de la solidarité musulmane. DIEU en vérité ne déçoit pas l’attente des musulmans dans leur foi et ces derniers ne désespèrent point de sa Miséricorde et de son Assistance Providentielle.

L’Islam par ce geste est dans l’ère de la revalorisation ; d’abord l’Islam orthodoxe de Cheikh Al Khadim, Khadimou Rassoul, Serviteur du Prophète est un Islam de paix, de tolérance, de pardon, un Islam d’adoration, un Islam du respect du sang et du bien des autres, voilà donc qui réhabilite les valeurs authentiques de l’Islam.

Au regard de ce noble geste, de ce bienfait, il est très facile d’exprimer, sans risque de se tromper, le sentiment des musulmans vivant en France et des mourides en particulier.

Je commencerai par les mourides, car si le chef de la communauté paie une maison en France, chacun de nous convient :

1°) Qu’il n’y viendra pas, ou du moins y’a peu de chance !

2°) Chacun peut certifier qu’il n’en fera pas non plus une résidence ;

Etant disposant et donateur, SERIGNE TOUBA est donataire.

Serigne Saliou s’est donc dépouillé en acte et irrévocablement du bien en faveur de son donataire qui l’accepte.
Il est donc évident que c’est un lieu de culte, un fleuron qui accueille la grande famille, la communauté des fidèles ; c’est un lieu ouvert au grand public des musulmans qui, de jour en jour, se font nombreux en France où ils fondent des foyers et veulent assimiler leurs enfants aux valeurs cultuelles et culturelles de base de l’Islam.

En dotant à la communauté mouride de cette propriété et en la disposant à Serigne Touba, l’objectif visé est clair, à savoir l’agrément de DIEU et la consolidation du culte musulman.

Le sentiment des fidèles mourides, on peut à partir de ce moment l’exprimer sans le demander : rechercher le même agrément que lui.

" Une bonne action en réclame toujours une autre bien meilleure " ; mais vous convenez avec moi que nous serons toujours indigents devant cette si bonne et noble action que vient d’accomplir le Khalif.

Son geste est considérable car il a supporté seul le coût de l’achat dans le respect de tous les acteurs, il n’a atteint personne dans ses droits, il n’a frustré personne ; et ses bonnes intentions envers la communauté musulmane le confirment par la mise à la disposition de ce bien à SERIGNE TOUBA.

A défaut donc de ne pouvoir solidairement lui réunir ses débours, et pour mériter ses faveurs, et çà je pense comme chacun de vous dans la communauté mouride et des musulmans en général, qu’il ne reste plus qu’à œuvrer dans le sens du donataire. Et de ce point de vue, une dette de reconnaissance pèsera toujours sur notre dos, nous autres mourides qui avons fait allégeance au donataire, une dette qui nous exhortera à aller encore loin dans le service qui incombe envers lui et que nous devons situer au delà du prix principal de l’immeuble, siège principal des mourides de France et lieu de culte ouvert à tous les musulmans, ceux de Taverny, de la France et même de l’Union Européenne toute entière.

Ensuite, l’autorité religieuse donataire, Serigne Touba en l’occurrence, en agréant la donation est non seulement le maître de la maison, mais par sa carrure spirituelle et son onction bénira les lieux et l’endroit devient sacré.


Il nous reste donc à fréquenter cette maison à la recherche d’une bénédiction et rendre à DIEU un culte exclusif à la lumière de ce donataire qui a atteint dans l’adoration de DIEU le stade de l’extinction dans l’extinction (fanâ’ul fanâ), ayant fondu toute sa personne et ses biens dans l’âme de l’Islam et le service du Prophète Mouhamed (Paix et Salut sur Lui).

Des disciples du Cheikh, j’en connais qui ont des propriétés de vacances, d’habitation ou de prestige en France, et c’est leur droit le plus absolu ; qu’est ce qui empêcherait donc à notre honorable et vénérable guide d’en avoir pour le bonheur de l’Islam ?

Aujourd’hui, avec la grande dissémination des mourides à travers toute la France, pour assumer l’éducation, l’enseignement et l’accomplissement du culte aux familles résidentes d’une communauté aussi brave, il est évident qu’on doit s’interroger sur l’absence de cadre de ce genre dans leurs grandes zones de concentration : prière du vendredi, prières quotidiennes, activités de culte pour tous les musulmans, prière des deux fêtes, célébration du Maouloud, Laylatoul Qadr, bibliothèque, librairie, enseignement du Coran et de façon particulière pour les fidèles mourides : célébration de la fête du Grand Magal, , organisation de caravane de pèlerinage à Touba, cérémonie de mariage, séance de lecture du Coran et de psalmodie des Khassaïds et bien d’autres activités autour des valeurs culturelles de base d’un mouride.

Ensuite au grand public des musulmans en général et en particulier ceux de Taverny, pour qui l’acquisition de cette propriété était devenue un point d’honneur.

Leur gratitude envers le Cheikh s’est exprimée dans l’accueil réservé au mandataire du Khalif, dans la fierté et l’honneur retrouvé devant les siens, le risque de l’engagement s’est soldé par un résultat positif.

Leur gratitude est partagée par les autorités de la ville qui ne pouvaient avoir meilleur acquéreur ; devant ce projet privé comme le veut la loi de 1905 séparant culte et pouvoirs publics et conformément à l’esprit de la municipalité, c’est à dire respect des principes de la république, notamment les articles 10 et 11 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen.

Rencontres avec les autorités

Après les actes notariales et la remise des clefs, une audience nous a été accordée par Mr Jean Pierre Baratin, 1er adjoint au maire, à l’absence du maire qui nous recevra plus tard le 15 Janvier 2002.

Tour à tour, le Ministère de l’intérieur et le chef du service des renseignements généraux ont été rencontrés aux fins d’abord d’une prise en compte de notre présence et de nos activités, de la sécurité de nos biens et de nos personnes. Ensuite leur prouver notre souci d’être administrés conformément aux dispositions prévues par la loi.

Lumière sur quelques points d’histoire

J’ai voulu en tant que mandataire de l’acquéreur saisir ces opportunités pour apporter de la lumière à partir de quelques points d’histoire pouvant faciliter la tâche aux autorités de la république dans la gestion de cette propriété qui sera un siège pour les mourides de France et un lieu de culte pour tous les musulmans.

A travers ces rencontres, j’ai montré comment les mourides depuis la période coloniale ont-ils été en phase avec les principes et fondements juridiques régissant les rapports entre les pouvoirs publics et le culte musulman en France.

C’est vrai qu’avant la Mosquée de Taverny la France lui a autorisé deux mosquées, c’est dire que le donataire est bien connu par la France.


Cette mosquée achetée à l’honneur de Cheikh Ahmadou Bamba est une action d’utilité publique, car offerte à tous les musulmans qui acceptent de pratiquer leur religion dans la paix, dans l’amour et le respect de l’autre et des lois en vigueur dans la république française.

Le respect des institutions et la régularité à tous points de vue est un principe bien assimilée par la communauté mouride depuis la période coloniale, car en 1917 le Gouverneur Général de l’A.O.F. Monsieur Van Vollenhoven eut un long entretien avec Cheikh Ahmadou Bamba à Diourbel, et dès son retour à Dakar, il intima l’ordre au lieutenant gouverneur du Sénégal de délivrer immédiatement à Cheikh l’autorisation de construire la mosquée de Diourbel dans la province du Baol au Sénégal.

Le 30 Avril 1926, Mr Auguste Alphonse Henri DIRAT Gouverneur de l’A.O.F. de 3ème classe par intérim pendant l’absence de Jules Gaston Henri CARDE, et son gouverneur local Monsieur Camille Théodore Raoul MAILLET ont accordé l’autorisation d’une nouvelle mosquée à Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké dans son village de TOUBA, et ont satisfait la demande du Cheikh qui sollicitait auprès du même gouverneur du Sénégal la recommandation d’un architecte.

Ces deux documents attestent que Cheikh Ahmadou Bamba a fait preuve de respect des institutions dans sa démarche et son projet de construction d’une mosquée dans son pays natal qui était alors sous la domination Française.

En 1918, il a été décoré pour avoir accédé à la demande d’assistance au recrutement formulée par la France lors de la première guerre.
Par arrêté du 28 Avril 1916 décidé par le Gouverneur Général de l’A.O.F. Commandeur de la Légion d’Honneur Mr Mari François Joseph CLOZEL, il fut nommé membre du Comité Consultatif des Affaires Musulmanes de l’Afrique Occidentale Française

En 1919, la France a fini par l’élever à l’une des plus hautes distinctions de la république en lui remettant la médaille de la croix de chevalier de la légion d’Honneur.

En août 1926, un extrait du rapport politique du Commandant du cercle du Baol à Monsieur le Gouverneur du Sénégal JORE Léonce Alphonse Noël Henri au Ministre Leon Perrier nous dit : " Cheikh Ahmadou Bamba offre la somme de 500 000 F spontanément et sans affectation à la contribution volontaire pour le relèvement du franc. "

Remerciements

Je ne terminerai donc pas sans réitérer mes remerciements envers mes hôtes qui ne sont autres que le Conseil islamique sous l’égide de Mr Sangou et Mr Diakité et les responsables de Hizbut-Tarqiyyah. Ils ont beaucoup fait pour Moustapha Guèye et moi.

Durant notre séjour, toutes les dispositions nous permettant d’être dans de bonnes conditions ont été prises, je leur témoigne au nom de toute la mission nos remerciements les plus sincères.

Nos remerciements vont également aux confrères mourides à Keur Serigne Touba de Aulnays sous bois.

Mr Diakité et Mr Sangou, ayant fait acte d’allégeance auprès du Khalif Serigne Saliou Mbacké lors de leur voyage à TOUBA, il est nécessaire de préciser qu’ils font partie de la famille de SERIGNE TOUBA partout où ils iront, à Taverny comme partout ailleurs où il y’a des adeptes mourides.
Je ne me lasserai jamais de saluer leur foi, leur haute expérience et compétence sociale dans la vie politico-administrative de leur commune, leur bon terme avec toutes les autorités et leur concorde avec les habitants de la ville.

Puisse DIEU, par la Grâce de l’Elu le Plus Pur (al Muçtafâ) et la bénédiction de Cheikh Ahmadou Bamba les rétribuer surabondamment leurs bonnes actions et donner une longue vie et une santé de fer à Cheikh Saliou Mbacké.

Que la paix, la miséricorde et la bénédiction de DIEU soient sur vous.



LES KHALIFES

logo article Cheikh Mouhammadou Moustapha MBACKE 1927-1945
logo article El Hadji Fadilou MBACKE (1945-1968)
logo article Serigne Abdoul Ahad MBACKE 1968-1989
logo article Serigne Abdoul Khadre MBACKE 1989-1990
logo article Serigne Saliou Mbacke
logo article Serigne El Hadj Mouhammadou Lamine Bara MBACKE (2007 2010)
logo article Serigne Cheikh Sidy Moukhtar MBACKE 2010 - 2018
logo article Serigne Mountakha MBACKE
Complexe Hizbut Tarqiyyah sur la route de Belel Touba, Sénégal
Tel +221 33 975 10 29
Fax: +221 33 975 52 40
Email: info@htcom.sn