

الْمَشْرَبُ الصًافِي مِنَ الْمَنْبَعِ الشًافِي
Al Mashrabu’ç çâfî minal manbahi’sh Shâfî : La fontaine pure émanant de la Source qui guérit
23e Jour Ramadan 1444H - 2023 : : KUN KÂTIMAN
« Kun Kâtiman » est un poème de 8 vers, écrit par Cheikh Ahmadou Bamba dans la métrique « Kâmil » à l’image de « Yâ Jumlatan » ou encore « Rabbî Karîmun ». Il n’a pas de titre propre ; c’est l’incipit, c’est-à-dire les premiers mots du poème, qui joue ce rôle.
Le poème est souvent présenté comme le code de conduite de l’apprenant, mais le Cheikh a tendance à ratisser large. Nous verrons qu’il est non seulement valable pour l’apprenant, mais également pour toute autre personne.
Le Cheikh écrit dès le premier vers : « Kun Kâtiman lid-durri wal bûsâ tanal qaçdan wa tahlul jîla yâ mutahallimu » (Porte avec courage ton fardeau de peines et de souffrances, tu atteindras ton but et surclasseras tes semblables, ô toi l’apprenant ». Ce premier vers est déroutant parce que nous nous attendions à des orientations ou conseils sur le plan pédagogique. Le Cheikh étant un bon pédagogue, un conducteur d’âme conscient que l’environnement psychique, physique et physiologique de l’apprenant s’avère très déterminant. C’est pourquoi il l’invite à être endurant, stoïque et à être psychologiquement fort. Cette attitude est un excellent adjuvant dans la quête du savoir.
Le vers 2 va dans le même sens que le 1er : « Évite de te lamenter ; sois patient et endurant au point que les gens aient l’impression que tu ne manques de rien ». Ici, l’auteur prépare le terrain qui doit accueillir cette richesse fabuleuse qu’est le savoir. Le passage est en outre doublement suggestif puisqu’il pointe du doigt l’endurance dont l’élève doit faire et le savoir qui est une perle rare. Et le Cheikh de poursuivre au vers 3 : « Le savoir n’est pas donné à celui qui craint la faim, cependant notre Seigneur pourvoit tout disciple endurant ». La nature des sacrifices à faire apparait en toute clarté. La faim est ici un adjuvant, une expérience pédagogique capitalisée, qui porte ses fruits pour toutes les classes d’âges.
A partir du vers 4, l’auteur commence à délivrer des conseils centrés sur l’activité pédagogique. Il écrit à cet effet : « Toi qui veux acquérir le savoir, attèle-toi à réviser régulièrement... ». Ce qui montre qu’au préalable, l’apprenant se doit d’être dans les bonnes conditions en cas de contraintes : nourriture insuffisante, fatigue physique, manque de chaleur familiale, etc. En pareille circonstance, qu’il sache que le jeu en vaut bien la chandelle.
Le plus déroutant dans le poème est qu’après du 4ème vers, aucun ne traite de d’activité pédagogique. Finalement, ce qui importe, ce sont les valeurs installées dans l’esprit de celui qui veut s’engager dans la quête du savoir. Néanmoins, le Cheikh écrit au vers 5 : « Ne te préoccupe pas de posséder des biens car, le Maitre des créatures pourvoit celui qui est en quête de connaissance ». Ce conseil invite à ne pas se détourner de son objectif. S’ensuit le manque de concentration qui annihile tout l’appétit de savoir.
A suivre...
Commentaire : Serigne Mansour Seck (membre comité scientifique HT)
Restitution : Awa Tall B Ba



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